Olivier Pécoux : Le parfait banquier de salon

janvier 6, 2016

Se croire chez soi alors que l'on ne l'est pas, peut parfois se révéler cocasse. Et ce n'est pas Archie Leach s'apprêtant à batifoler avec sa cliente (Wanda) qui soutiendra le contraire. Aussi pris également en faute, Olivier Pécoux (57 ans) serait bien inspiré de ne pas parler, à mauvais escient, au nom de la Maison dont il est l'employé pour tenter de s'exonérer de ses obligations les plus élémentaires. A moins que ce natif de Casablanca élevé aux boulettes et aux makrouds, veuille imiter Iznogoud en devenant calife à la place du calife ?
En tout cas ce diplômé de Science Po entré chez Rothschild, en 1996, après un début de parcours chaotique : Peat Marwick (2 ans), Schlumberger (2 ans), Applicon (3 ans) et enfin Lazard (6 ans), reste une véritable énigme pour tous ceux qui l'ont côtoyé de près ou de loin.
En effet, tout le monde s'interroge sur le choix de David de Rothschild. Comment a-t-il pu être nommé co-directeur exécutif de la banque avec de si piètres états de service en M&A? Préférant en rire plutôt qu'en pleurer, certains se demandent si le besoin de s'attacher les services d'un shabbat goy n'a finalement pas motivé cette nomination pour le moins inattendue. Avec un tableau de chasse en M&A bien loin d'égaler celui d'un as de la RAF, Nigel Higgins désigné par la branche britannique de la famille, est son alter ego dans l'organigramme. D'où le sentiment avenue de Messine chez tous ceux qui font tourner la boutique avec ingéniosité et opiniâtreté que le pouvoir s'équilibre tant bien que mal avec St Swithin's Lane.
Affublé de l'acronyme d'une célèbre private equity house (3i) tant il est inodore, incolore et insipide, Olivier Pécoux n'est pas du genre à faire des étincelles en M&A, ni dans d'autres domaines d'ailleurs.
Le voir se pavaner comme un paon au vernissage de la Biennale des Antiquaires pendant que Cyrille Harfouche, corvéable à merci (son nom rime avec chaouch mais tout de même), croule sous le travail, n'a rien d'incongru tant cela est courant.
En revanche, sa présence détonne au Yacht Club de France où sa réputation de banquier de salon blanchi sous le harnais lui colle à la peau comme l'odeur du poisson. De fait, il est malvenu dans ce milieu comme dans une embarcation de ne prendre aucune décision ni de ne rien faire surtout si on ambitionne de prendre les commandes. Et ce d'autant plus quand on n'a pas le pied marin.
Un (bref) temps, président du conseil de surveillance de Dufour Yachts, en 2000, nul risque d'apercevoir Olivier Pécoux sur un Gitana (même à quai) tant les relations avec Ariane de Rothschild sont exécrables.
La décision de rebaptiser Paris Orléans en Rothschild & Cie, n'a évidemment pas contribué à arranger les choses entre les 2 branches françaises de cette grande lignée de banquiers.
Avec Olivier Pécoux, l'établissement aux 5 flèches semble se satisfaire (en apparence du moins) des services de celui qui fait souvent office de 5ème roue du carrosse. Mais pour combien de temps encore ? Qui mieux que Grégoire Chertok, pur produit Rothschild et brillant banquier d'affaires, est le plus apte à raconter à cet administrateur d'Essilor, plus voyant que clairvoyant, la blague du malheureux cordonnier redevable au Baron de Rothschild qui se termine par ”la roue tourne”.