Bersay au bord de l’implosion

juillet 31, 2025

À son arrivée à Bangkok, lieu prisé des “allemands en short”, Jérôme Bersay de retour de télétravail de Saint Tropez, risque d'être pris plus pour Reda Kateb qu'Omar Sy.
Cela n'a pas d'importance puisque dans Le Chant du Loup (2019), ces 2 farangs sont dans le même bateau. Leur embarcation, un SNA, finit par sombrer après avoir implosé.
C'est le sort qui risque d'arriver à ce cabinet éponyme qui vient de fêter ses 30 ans, non sans esprit, en postant sur Linkedin “Il pleuvait sur le Musée Jacquemart André mais certainement pas sur notre soirée”. Mais quand ils ont refait surface, les invités n’ont pas manqué en rentrant d’être trempés surtout les plus imbibés.
Huit mois plus tôt, Bersay s'était enorgueilli d'avoir mis en place une nouvelle gouvernance en recrutant un secrétaire général et en créant un comité de direction composé de 5 associés avec Frédéric Lecomte, un rescapé de Stehlin & Associés, nommé managing partner.
Sachant qu'un homme averti en vaut deux, celui arrivé chez Bersay, en 2021, après 23 ans passés auprès de Marc Stehlin, trainé comme un coquin devant le Conseil de l'Ordre pas ses ex-associés qui s'étaient sentis floués, va-t-il bien vouloir mettre sa précieuse expérience en la matière à la disposition de celui qui l'a recueilli après que cet autre cabinet éponyme ait mis la clé sous la porte?
Rien de moins sûr, si jamais ce dernier tente d’imiter Philippe Rosenpick, auteur d’une tentative de putsch avortée chez Delfilis entraînant la création de Moncey mais sans lui. Sans parler d'Yves Ardaillou, avant de déposer sa valise il y a 15 jours chez Aramis en provenance de Ginestié (6,7 ans), ce dernier a passé 19 ans chez Bersay qu’il a rejoint 4 ans après sa fondation.
Aussi qui mieux que lui connaît celui formé par Alexandre Marque chez Sales Vincent Georges (3 ans) à sa sortie d’un stage chez CLUSA à New York où il vivait en coloc avec un marseillais.
Le fondateur de Franklin ne l'a pas retenu ayant eu,
peu ou prou, la même opinion que celle de Jean-Pierre Martel à l'égard de David Syed sur sa conception du droit.
Pas facile de penser le plus grand bien de Jérôme Bersay et pour cela pas besoin d'écouter son ex-femme et ceux qu'il insupportent à la synagogue à toujours vouloir se proposer d'interférer dans des dossiers dont les enjeux le dépassent. Il faut dire que son ton péremptoire et son approximation n'arrangent rien.
Au moins dans ce domaine Stéphane Cohen comme Laurent Azout font preuve de plus d'habilité. Quant à Olivier Abergel,
son alter ego chez LL Berg, rares sont ceux qui n'ont pas entendu à leur arrivée chez ce chantre de l'altruisme “ce n'est pas parce que je t'ai proposé ce salaire que je t'ai dit que j'avais les moyens de te le verser”. Formule, il est vrai plus élégante que “La vérité, je peux pas te payer, je suis pendu”.
Mais c'est bien connu qui ne tente rien n'a rien et après la suppression de la prise en charge des cotisations sociales et ordinales qui a déjà transformé Bersay en Potemkine, avec le passage en force du nouveau système de rémunération, on change de registre en se dirigeant par cavitation vers le destin du Koursk. À ce titre, le départ de la nièce de l'inventeur du CG45, précurseur de la plongée autonome, est un signe prémonitoire.
Après la baisse du plancher du fixe garanti, l'introduction d'un carry forward en cas de sous-performance validé par le comité de direction où l'on retrouve Nathalie Cequeira, Martin Tissier (pour combien de temps encore ?) et Bradley Joslove, a mis le feu aux poudres.
À l'abri du besoin et seul maître à bord après Dieu, selon la formule consacrée, Jérôme Bersay doit tenir ses engagements auprès des investisseurs entrés en sponsorless.
Décidée à aller voir si l'herbe est plus verte ailleurs, Anya Hristrova a imité Mathilde Cousteau. Avec le départ de Pierre-Louis Perin, blanchi sous le harnais, attendu comme d'autres chez Fidal, le nombre d'associés est passé à 14 et ce chiffre devrait encore diminué.
Indécise comme plusieurs autres associés, Pauline Darmon a décidé de prendre le temps de la réflexion. Moins patient, Olivier Cebrian, le secrétaire général, a déjà rendu son tablier.
Plus récent mais 2 fois plus gros que Bersay avec 90 avocats, tout semble se passer pour le mieux chez Squair pour Olivier Lopez à la tête de cette armée mexicaine qui ne manque jamais la moindre occasion de faire parler d'elle et dont le nom n'est pas sans rappeler The Square.
Ce film, Palme d'or à Cannes en 2017, sonde la médiocrité et le cynisme de la bourgeoisie suédoise à travers le prisme d'un conservateur quadragénaire d’un grand musée d’art contemporain de Stockholm, doté d'une haute idée de la culture et pas moins de lui-même, fan inconditionnel du ready-made de Marcel Duchamp